Née en 1971 à Genève, Joëlle Barakat a grandi dans le canton de Vaud, où elle réside encore aujourdʼhui. A lʼamyotrophie spinale infantile de Type 3 dont elle est génétiquement atteinte, s’ajoute une scoliose déterminant une 1ère opération en 1984. Celle-ci se solde par un échec, et signe pour JB le début de douleurs dorsales récalcitrantes et l’acceptation définitive d’une chaise roulante. JB ne pouvant plus rester assise longuement, elle doit quitter lʼécole obligatoire. C’est toute seule qu’elle continue à étudier, qu’elle apprend l’anglais et l’espagnol. En 1995, elle est prise en charge par le Professeur Jean Dubousset à Paris pour une lourde intervention sur la colonne vertébrale, à visée réparatrice de l’opération de 1984. Durant des mois dans le plâtre, elle découvre la musique classique. Le résultat de l’opération est très satisfaisant et aboutit à la disparition des douleurs.
Attirée par la musique classique elle travaille le chant et développe sa voix d’alto. Elle chante dans le Choeur Universitaire de Genève, le Choeur du Conservatoire de Musique de Genève et dans les Madrigaux Elisabéthains. Elle devient membre du Comité du Chœur Universitaire de Genève dont elle assume durant une année le service de presse, de communication et de promotion.
En 2000, un accident en kinésithérapie à conséquence irréparable provoque un retour en force des douleurs et impose de nouveaux enjeux thérapeutiques. De 2001 à 2013, elle subit 9 opérations du dos et du bassin, la condamnant plusieurs mois à l’immobilisation totale dans le plâtre. Durant ses périodes de rémission elle prend part activement à une quarantaine de concerts sur la région lémanique. Malheureusement, fin 2009, les douleurs s’intensifient et sont telles que JB ne peut plus assumer aucune activité, la musique incluse. Son état physique la maintient quasi alitée en proie à une souffrance insupportable. En automne 2013, elle se fait opérer une dernière fois au niveau du bassin. A plat de lit pendant 4 mois, elle cherche comment calmer sa douleur. Elle télécharge sur sa tablette un programme numérique basique pour peindre, et découvre qu’elle peut libérer sa douleur. Interpellée, elle réalise que la douleur peut devenir une source d’inspiration. La violence des attaques algiques la pousse à peindre. Chaque degré d’intensité des élancements correspond à une teinte qui la stabilise. Elle s’ouvre ainsi à la lumière apaisante et régénératrice qui est la source souveraine de son énergie invincible.
N.B. « Les dessins présentés ici ont été tirés sur des toiles synthétiques. Leurs thèmes reflètent lʼintensité douloureuse du moment. Je peins allongée avec un pinceau pour tablette ou avec le doigt. Une «toile» se fait en 10-20 min. Je ne connais jamais l’aboutissement du premier trait : je tends vers quelque chose d’indéterminé, c’est ce qui me plaît. Aussitôt que les couleurs me procurent une légère satisfaction, je m’arrête immédiatement. JB »
Du 4 novembre 2014 au 02 février 2015
Saisissantes tes peintures.
Cette nouvelle forme d’art brut interpelle.
L’on saisi la douleur qui est là, palpable.
Je retrouve ton esprit et ton humour teinté de dérision dans les titres de tes œuvres:
« Des larmes de pluie », « Une morphine sous le soleil », « Chambre à air », « En dos majeur », « Be Carefull »
TOUT N'EST QUE FORCE, PUISSANCE, BEAUTE, ET EMOTION
En effet, j’étais très impressionnée et émue de voir comment tu as pu exprimer tes douleurs et souffrances par l’art. Tu es vraiment une personne extrêmement courageuse, une chose que j’ai évidemment toujours su... !
Il y en a aussi qui me fait deviner un certain humour, comme Dos Majeur, et Pubis bleu...
Ce que tu reçois sont les échos et les résonnances que tes tableaux créent chez ceux qui les voient...
Tu ouvres un chemin essentiel avec un courage et une détermination incroyable. Je n'ai pas vu l'expo comme dans un musée ou une galerie d'art. Je l'ai observée, comme si j'étais avec toi, tu me parlais. Là je me suis dit que vraiment c'est la Création d'une voie dans l'œuvre d'art. La douleur devenant le vecteur essentiel, l'énergie conductrice. Est-ce que la douleur peut devenir le maître d'œuvre de l'artiste ? Mais il y a un tout dans l'évènement qui plonge le spectateur dans un tréfonds essentiel.
Je t'embrasse
nombreuses sources et allusions. Pour le graphisme les artistes de la
rue, pour la couleur beaucoup de goût, recherche et talent, pour la
méthode une préoccupation vers le conceptualisé. Il y a beaucoup à y trouver et à y développer.
Impressionnée, émue... Une grande force émane de cet ensemble de toiles. J'y palpe ta pleine présence, tu es là tout entière.
Le petit panneau avec les inscriptions est tellement parlant, triste et gai à la fois, rehaussé par des touches d'humour, et puis beau dans ses volumes et couleurs.
BRAVO ! Comment exprimer mieux que cela le chaos engendré par la douleur, l'explosion des résistances, la brûlure, la limite dépassée du supportable ? Tout est là. C'est beau : pas parce que c'est esthétique, pas parce que la douleur est belle, mais parce que cela parle VRAI. La réalité y est transposée dans sa totale vérité et nudité. Tu as atteint ce qui est le but et le sens même de l'ART : transposer la VERITE de Réel en langage pictural, musical ou poétique.
Un très, très grand merci pour ces moments partagés hier, une magnifique leçon de vie que vous nous avez offert.
Cordialement,
Vos œuvres ainsi que ce que vous partagez, est très touchant et suis certaine que ça sera une source d'inspiration pour d'autres personnes concernées directement ou indirectement par des douleurs chroniques.
Vous êtes votre meilleur médicament !
Tes toiles sont superbes! Elles expriment beaucoup d'émotions et d'intensité !!! Tu as trouvé un très beau moyen d'extérioriser cette douleur que personne ne peut ressentir à ta place, tu l'utilises pour t'apporter au final un apaisement ! Je te tire mon chapeau.
Je t'embrasse
Je t'embrasse fort.
